KoraCut

Documentaire & reportageF03-03

Docu-série

Documentaire découpé en plusieurs épisodes (3 à 10) de 10 à 52 minutes, avec un fil rouge commun et une progression d'un épisode à l'autre.

Comprendre

Objectif
Fidéliser une audience dans la durée sur un sujet riche (parcours, compétition, territoire, marque) pour une chaîne, une plateforme ou une marque qui veut du contenu récurrent.
Plateformes
YouTube (playlist), Netflix/Prime Video/Canal+, TV (RTS, 2STV, TFM), Facebook Watch, Instagram (épisodes courts)
Ratio
16:9 (1920×1080 ou 3840×2160) ; version web courte en 9:16 (1080×1920) ou 4:5 (1080×1350)
Durée
Idéal 20-26 min par épisode × 4-6 épisodes (fourchette 8 – 52 min par épisode, 3 à 10 épisodes)
Difficulté
Équipe
Min : réalisateur, cadreur, ingé son, monteur · Idéal : showrunner/producteur, 1-2 réalisateurs, chef opérateur + 2e cadreur, ingé son, chargé de production, 2 monteurs, motion designer, étalonneur, mixeur
Délai
4 à 12 mois : 1-2 mois d'écriture de la bible et des arcs, 3-8 semaines de tournage, 1 à 2 semaines de montage par épisode, finitions en série

Raconter

L'accroche et l'intro

  • Pré-générique (« previously » dès l'épisode 2) de 30-60 s qui rappelle les enjeux.
  • Teaser d'épisode (cold open) de 1-2 min sur la scène la plus tendue de l'épisode.
  • Générique court et identifiable (15-30 s) avec la même musique à chaque épisode.
  • Épisode 1 : présenter tous les personnages clés et l'enjeu global dans les 5 premières minutes.
  • Phrase d'accroche type : « Dans 30 jours, ils jouent leur saison… et rien n'est prêt. »

La structure

  • 0-1 min : previously / cold open.
  • 1-1 min 30 : générique de série.
  • 1 min 30-20 min : 2-3 lignes narratives entrelacées (A, B, C), chacune avec son mini-arc.
  • 20-24 min : climax de l'épisode, puis cliffhanger dans les 30-60 dernières secondes.
  • 24-26 min : « Dans le prochain épisode » (20-30 s) puis générique de fin (30 s).

Le ton et le style

  • Écriture sérielle : arc global de saison + arc propre à chaque épisode (un thème ou une étape par épisode).
  • Rythme plus soutenu qu'un documentaire unitaire : plans de 3-6 s, tension maintenue par les cliffhangers.
  • Identité visuelle constante : même look, mêmes cadrages d'interview, même typographie sur toute la saison.
  • Références : « Last Chance U », « Formula 1 : Drive to Survive », « Sunderland 'Til I Die ».

L'habillage et les textes

  • Charte graphique de série : logo, police titre, couleurs, générique animé (motion design 15-30 s).
  • Carton de titre d'épisode : « Épisode 3 : La saison des pluies » (4 s).
  • Lower-thirds identiques sur toute la série (nom + rôle) à la première apparition de chaque épisode.
  • Compte à rebours ou marqueur temporel récurrent (« J-12 avant la finale ») comme repère narratif.

La fin et l'appel à l'action

  • Cliffhanger : couper sur une question non résolue ou une décision en suspens.
  • Bande-annonce de l'épisode suivant (20-30 s) : 4-6 plans rapides + une phrase clé.
  • Écran de fin YouTube (20 s) pointant vers l'épisode suivant et la playlist.
  • Mention « Nouvel épisode chaque jeudi à 19 h » pour ancrer le rendez-vous.

Tourner

Le matériel

  • Entrée de gamme : 2 × Sony FX30 (ou 1 FX30 + 1 ZV-E1), zooms 16-50 mm et 24-105 mm, DJI RS 4, 3-4 DJI Mic 2, Rode NTG5, Zoom F6, 2 LED Amaran 200x + softbox.
  • Pro : 2 × Sony FX6 ou Canon C70, 24-70 mm f/2.8 + 70-200 mm f/2.8, MixPre-10 II, 4-6 HF Wisycom/Sennheiser, MKH 416, kit Aputure 600d, drone DJI Mavic 3 Pro, caméras d'action DJI Osmo Action 5 pour les points de vue.
  • Même caméra et même profil couleur pour toute la série afin d'harmoniser l'étalonnage.
  • Stockage massif : 1 à 2 To par jour de tournage multicaméra ; serveur ou NAS partagé entre monteurs.

Plans et cadrage

  • Set d'interview récurrent (« confessionnal ») : même décor, même lumière, plan poitrine 50 mm + gros plan 85 mm, sujet sur le tiers.
  • Scènes d'action en 2 caméras : cam A plan moyen 24-70 mm, cam B serré 70-200 mm sur les réactions.
  • Plans signatures récurrents : drone d'ouverture sur le lieu, time-lapse de transition, plan du compte à rebours.
  • Inserts et détails pour faire le lien entre les lignes narratives (5-8 s chacun).
  • Caméras fixes discrètes (GoPro/Osmo) dans les vestiaires, véhicules, ateliers pour les moments spontanés.

La lumière

  • Définir un schéma d'interview fixe noté et photographié (hauteur, puissance, température) pour le reproduire à l'identique.
  • Key 5600 K en softbox à 45°, contre-jour chaud 3200 K pour détacher le sujet, fond sombre ou décor éclairé par des practicals.
  • Scènes documentaires : lumière naturelle, heures douces pour les extérieurs, ombre ouverte à midi.
  • Prévoir des batteries V-mount pour les LED en cas de coupure de courant.

La prise de son

  • HF sur chaque personnage principal, en continu pendant les scènes ; perche en renfort sur les groupes.
  • Enregistreur multipiste (1 piste par HF + perche + mix), 48 kHz / 24 bits ou 32 bits flottant.
  • Timecode synchronisé (Tentacle Sync ou Deity TC-1) entre caméras et enregistreur : indispensable en multicam.
  • Niveaux crêtes -12 à -6 dB ; room tone de 1 min pour chaque décor récurrent.

La mise en scène

  • Rédiger une bible de série : personnages, arc de saison, thème de chaque épisode, règles de style.
  • Tableau de suivi des personnages et des événements à venir (matchs, examens, cérémonies) pour planifier les tournages.
  • Interviews « à chaud » après les événements et interviews de fond en fin de tournage.
  • Contrats de droit à l'image couvrant toute la série et toutes les plateformes, signés avant le premier jour.
  • Autorisations sur les lieux récurrents (stade, école, entreprise) pour toute la période.

Astuces de tournage

  • 25 ips, 1/50 s, même profil Log (S-Log3 / S-Cinetone) et même balance sur toutes les caméras.
  • Nommer les fichiers et cartes par épisode/jour/caméra (EP03_J12_CAMA) dès le tournage.
  • Toujours filmer « avant » et « après » un événement : l'attente et la réaction valent autant que l'action.
  • Prévoir des jours tampons dans le planning : les événements réels se décalent.

Monter

Les pistes de la timeline

  • 10 à 14 pistes par épisode, avec un modèle de projet identique pour tous les épisodes.
  • V1 : scènes et interviews (multicam) / V2 : B-roll et caméras fixes / V3 : archives et graphiques.
  • V4 : lower-thirds, compte à rebours, sous-titres de traduction / V5 : générique, titre d'épisode, logo.
  • A1-A3 : dialogues (HF par personnage) / A4 : perche / A5 : voix off / A6 : ambiances.
  • A7 : SFX / A8 : musique de série (thème, stems) ; bus dialogues/musique/effets pour les versions M&E.

Le rythme et les coupes

  • Plans de 3-6 s ; scènes de 1-3 min ; alternance des lignes narratives toutes les 2-4 min.
  • L-cuts et J-cuts pour enchaîner les lignes narratives sans rupture.
  • Montage parallèle pour la tension (deux personnages vivant le même moment).
  • Couper chaque scène le plus tard possible en entrée et le plus tôt possible en sortie.

Transitions et effets

  • Cut franc ; transitions signatures de série (time-lapse, drone, carton de compte à rebours) entre les lignes narratives.
  • Fondu au noir avant le cliffhanger et avant le générique de fin.
  • Motion design pour les stats et les cartes (identique sur tous les épisodes).
  • Ralentis 50 ips sur les moments clés (victoire, échec) ; éviter les effets gadget.

Le sound design

  • Signature sonore de série (logo sonore de 2-3 s) sur le générique et les transitions.
  • Impact grave et riser (3-6 s) avant le cliffhanger, à -18 à -12 dB.
  • Ambiances riches et continues sous chaque scène (-28 à -24 dB).
  • Tic-tac ou pulsation discrète sur les séquences de compte à rebours.

La musique

  • Thème de série original (générique + variations) déclinable en versions calme, tendue, triomphale.
  • Tempo 90-130 BPM selon la tension ; musique sous 40-50 % de la durée de l'épisode.
  • Ducking -20 à -24 dB sous les dialogues ; montées musicales à -16 LUFS court terme sur les respirations.
  • Droits : compositeur sous contrat (cession pour toutes plateformes et durée) ou bibliothèque avec licence série/broadcast.

Les sous-titres

  • Sous-titres de traduction pour le wolof et les autres langues nationales ; versions française et anglaise.
  • Style classique : blanc, ombre portée, 44-48 px en 1080p, 2 lignes de 42 caractères, 15-17 caractères/s.
  • Charte de sous-titrage commune à tous les épisodes (police, taille, position, couleur des locuteurs hors-champ en italique).
  • Fichiers .srt/.vtt séparés par épisode et par langue pour YouTube et les plateformes.

L'étalonnage

  • Créer un look de série validé sur l'épisode 1 (PowerGrade DaVinci) et l'appliquer à tous les épisodes.
  • Correction primaire caméra par caméra, raccord multicam, puis look commun.
  • Contraste modéré, couleurs légèrement désaturées (-10 %) avec accentuation d'une couleur signature.
  • Protection des tons chair et vérification au vecteurscope sur chaque personnage récurrent.

Exporter et publier

Mixage et export

  • TV : -23 LUFS, true peak -1 dBTP ; YouTube/plateformes web : -14 LUFS ; Netflix : dialogues -27 LKFS (±2).
  • Masters ProRes 422 HQ par épisode + stems D/M/E ; version web H.264 1080p 25 ips 10-12 Mbps ou 4K 40 Mbps.
  • Nommer et livrer de façon homogène (TITRE_S01E03_FR_1080p25.mp4).
  • Déclinaisons : bande-annonce de saison (90 s), teaser par épisode (30 s en 9:16), extraits de 60 s.

Titre et miniature

  • Nom de série court et fort + numéro et titre d'épisode : « DAKAR FC : Ép. 3 : La blessure ».
  • Miniatures en série : même gabarit (logo, couleur, placement), visage expressif différent à chaque épisode.
  • Description : résumé de l'épisode en 2 lignes, lien vers la playlist et vers l'épisode précédent.

La publication

  • Rendez-vous fixe : 1 épisode par semaine, même jour et même heure (ex. jeudi 19 h, heure de Dakar).
  • Bande-annonce de saison publiée 7 à 10 jours avant l'épisode 1.
  • 3-5 extraits verticaux par épisode (Reels, TikTok, Shorts, Status WhatsApp) avec lien vers l'épisode complet.
  • Playlist YouTube dédiée ; sous-titres français/anglais ; hashtags de série constants (#NomDeLaSérie).

Les erreurs à éviter

  • Épisodes sans arc propre : impression de rushes découpés arbitrairement.
  • Look, son et habillage différents d'un épisode à l'autre.
  • Pas de cliffhanger ni de rendez-vous fixe : l'audience ne revient pas.
  • Contrats de droit à l'image limités à un épisode ou à une plateforme.
  • Tourner sans bible ni suivi des événements : scènes clés manquées.

Dans KoraCut

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