KoraCut

Fiction : cinéma & sériesF01-11

Faux documentaire (mockumentary)

Fiction qui imite les codes du documentaire (interviews face caméra, caméra à l'épaule, archives, voix off) pour raconter une histoire inventée, le plus souvent de façon comique ou satirique.

Comprendre

Objectif
Faire rire ou faire réfléchir par la satire (entreprise, politique, sport, milieu artistique), ou créer une campagne de marque originale et virale.
Plateformes
YouTube, Facebook, TikTok/Reels (extraits), TV, festivals d'humour et de courts métrages
Ratio
16:9 (1920×1080) ; extraits 9:16 (1080×1920) avec interviews recadrées
Durée
Idéal 8-15 min pour le Web (fourchette 3 – 30 min par épisode ; 80-90 min en long métrage)
Difficulté
Équipe
Min : réal + cadreur + preneur de son + comédiens (3-4 pers. + casting) · Idéal : auteur + réal + 2 cadreurs (style reportage) + ingé son + scripte + monteur
Délai
3 à 8 semaines : écriture 1-2 semaines, préparation 1 semaine, tournage 2-5 jours, montage 1-3 semaines

Raconter

L'accroche et l'intro

  • Ouvrir comme un vrai documentaire : plan d'ambiance + voix off sérieuse ou interview du personnage principal.
  • Décalage comique dans les 10-20 premières secondes (le personnage dit une énormité avec sérieux).
  • Carton de titre documentaire sobre (« Le roi du thiéboudienne, un portrait »).
  • Exemple : « Je suis le meilleur chauffeur de car rapide de Dakar. Et c'est prouvé. » : plan fixe, aucune preuve à l'écran.

La structure

  • 0-1 min : présentation du sujet et du personnage (ton documentaire).
  • 1-4 min : contexte et ambition du personnage, premières contradictions entre interviews et images.
  • 4-10 min : l'événement (compétition, projet, élection) filmé « sur le vif », situations embarrassantes.
  • 10-13 min : échec ou triomphe absurde, interviews-bilan face caméra.
  • 13-15 min : épilogue « Que sont-ils devenus ? » en cartons + générique.

Le ton et le style

  • Sérieux absolu des personnages : l'humour naît du décalage entre discours et réalité.
  • Esthétique de reportage : caméra à l'épaule, zooms de recadrage, mise au point qui cherche, lumière naturelle.
  • Regards caméra complices (codes de The Office, Parks and Recreation, This Is Spinal Tap).
  • Jeu très naturel, semi-improvisé ; aucun rire enregistré.

L'habillage et les textes

  • Lower-thirds documentaires sobres (nom + fonction souvent comique : « Moussa, directeur général et unique employé »), 4 s.
  • Cartons de contexte style reportage (date, lieu, chiffres absurdes).
  • Faux graphiques, fausses archives et coupures de presse inventées pour renforcer la satire (sans utiliser de vrais logos de médias).
  • Typographie neutre (Helvetica, Arial) comme un vrai reportage TV.

La fin et l'appel à l'action

  • Épilogue en cartons sur fond noir ou sur une dernière image (5 s par carton), avec une chute comique.
  • Dernière interview absurde en tag après le générique.
  • YouTube : écran de fin 20 s vers l'épisode suivant.
  • Campagne de marque : révélation finale du produit ou du message, 3-5 s, sur un carton sobre.

Tourner

Le matériel

  • Entrée de gamme : Sony ZV-E10 II ou FX30 + zoom 18-105 mm f/4 (zoom de recadrage type reportage), micro canon Rode VideoMic NTG sur caméra, 2 cravates Rode Wireless Go II.
  • Pro : Sony FX6 ou Canon C70 + zoom 24-105 mm f/4 ou 18-110 mm cinéma, épaulière ou Easyrig, perche Sennheiser MKH 416 + Zoom F6, 3 HF.
  • Pour les interviews : 1 LED douce Aputure 200d + réflecteur.
  • Caméra B légère (smartphone ou GoPro) pour les fausses images « amateurs » ou de surveillance.

Plans et cadrage

  • Interviews face caméra ou légèrement décalées, plan moyen, personnage au centre ou sur un tiers, décor révélateur (bureau en désordre, trophées).
  • Scènes « prises sur le vif » à l'épaule : recadrages et zooms rapides sur les détails gênants.
  • Plans volés à travers une porte, une fenêtre ou de loin (faux reportage discret).
  • Regards caméra en réaction (1-2 s) : l'arme principale du genre.
  • Plans de coupe documentaires : lieux, mains, objets, affiches.

La lumière

  • Lumière naturelle et disponible (fenêtres, néons de bureau) pour la crédibilité documentaire.
  • Interviews : une source douce à 45° + lumière existante ; éviter le look trop « cinéma ».
  • Accepter les imperfections (légère surexposition de fenêtre, néons) comme dans un vrai reportage.
  • 5600K ou balance réglée sur la lumière dominante du lieu.

La prise de son

  • Cravates HF sur les personnages + perche mobile qui suit l'action.
  • Crêtes -12 à -6 dB ; enregistrer aussi l'ambiance réelle (bureau, rue) qui renforce le réalisme.
  • Voix de l'intervieweur hors champ parfois audible (question courte) comme en vrai documentaire.
  • Room tone de chaque lieu d'interview.

La mise en scène

  • Scénario en séquencier (situations et points clés) plutôt que dialogues complets : laisser improviser les comédiens.
  • Faire plusieurs prises improvisées de chaque interview et garder les meilleurs moments.
  • Intégrer de vrais lieux et parfois de vrais passants (avec décharges signées).
  • Ne pas viser une personne réelle identifiable sans son accord (diffamation) ; satire de situations et de types.
  • Déroulé de tournage : interviews sur 1 jour, scènes sur le vif sur 1-3 jours.

Astuces de tournage

  • 25 ips obturateur 1/50 s ; autofocus visage activé pour les scènes à l'épaule.
  • Profil standard ou log léger : l'image doit ressembler à un reportage, pas à un film.
  • Zooms et recadrages en direct pendant les prises (le cadreur « découvre » l'action).
  • Laisser tourner la caméra après la réplique : les réactions gênées font le sel du genre.
  • Tourner en 4K pour ajouter des zooms « documentaires » au montage.

Monter

Les pistes de la timeline

  • 8 à 9 pistes au total.
  • V1 : interviews face caméra ; V2 : scènes « sur le vif » et plans de coupe ; V3 : fausses archives, graphiques, coupures de presse ; V4 : lower-thirds et cartons.
  • A1 : voix des personnages ; A2 : voix off (narrateur documentaire) ; A3 : ambiances réelles.
  • A4 : SFX discrets ; A5 : musique documentaire.
  • Monter d'abord la colonne des interviews, puis insérer les contradictions en images.

Le rythme et les coupes

  • Plans de 2-5 s ; interviews découpées en phrases courtes.
  • Coupe comique : interview qui affirme quelque chose, coupe immédiate sur l'image qui contredit (1 s après la fin de la phrase).
  • Garder les silences gênants 1-2 s et les regards caméra.
  • Jump cuts dans les interviews acceptés (convention documentaire).

Transitions et effets

  • Coupes franches uniquement ; fondus au noir entre chapitres.
  • Zooms numériques rapides sur un détail (130-150 %) façon caméra de reportage.
  • Faux effets d'archives : grain VHS, 4:3, date incrustée, pour les « vieilles images ».
  • Pas d'effets de fiction (ralentis stylisés, transitions décoratives).

Le sound design

  • Son réaliste : ambiances réelles conservées, pas de bruitages exagérés.
  • Silences gênants préservés (aucune musique dessus).
  • Sons de faux reportage : bips de censure, micro qui frotte, sonnerie de téléphone inopportune.
  • Pas de SFX comiques cartoon : ils cassent l'illusion documentaire.

La musique

  • Musique « sérieuse » de documentaire (piano, cordes, ambient 70-90 BPM) utilisée au premier degré pour le décalage.
  • Musique rare, sur les montages et le générique ; absente des interviews.
  • Sous voix off : -22 à -25 dB.
  • Bibliothèques libres de droits (Artlist, Epidemic Sound, Musicbed).

Les sous-titres

  • Sous-titres français pour les interviews en wolof, style reportage TV (blanc, bas centré, 44-50 px en 1080p).
  • Sous-titrer aussi les apartés et murmures (source de gags).
  • Extraits verticaux : sous-titres 60-70 px dans la zone de sécurité 900×1400 px.
  • Soigner la traduction des jeux de mots et expressions wolof.

L'étalonnage

  • Look documentaire naturel : contraste modéré, saturation naturelle, pas de look « cinéma ».
  • Balance corrigée mais imperfections de lumière conservées.
  • Fausses archives : désaturées, grain, dominante magenta ou jaune selon l'époque imitée.
  • Tons chair réalistes.

Exporter et publier

Mixage et export

  • Web : -14 LUFS intégré, true peak -1 dBTP ; TV : -23 LUFS.
  • Export : H.264, 1920×1080 25 ips, 8-10 Mbps, AAC 320 kbps.
  • Déclinaisons : meilleures interviews découpées en clips 9:16 de 20-45 s (recadrage centré sur le personnage).
  • Master ProRes 422 pour archives et ventes TV.

Titre et miniature

  • Titre au premier degré, comme un vrai documentaire (« Portrait d'un champion : le roi du car rapide »).
  • Miniature : personnage principal posant fièrement dans une situation absurde + 2-3 mots.
  • Description qui joue le jeu (ton documentaire) avec mention « fiction » ou « parodie » pour éviter les malentendus.
  • Tags : parodie, humour, mockumentary, faux documentaire, sénégal.

La publication

  • Épisodes de 8-15 min sur YouTube, 1 par semaine, jour et heure fixes.
  • Extraits d'interviews cultes en Reels/TikTok (20-45 s) : format très partageable.
  • Mentionner clairement « fiction » ou « parodie » (légende et description) pour éviter qu'une satire soit prise pour une vraie information.
  • Partage WhatsApp des extraits les plus drôles.

Les erreurs à éviter

  • Personnages qui jouent la comédie au lieu de rester sérieux.
  • Image trop léchée ou trop « cinéma » qui casse l'illusion documentaire.
  • Viser une personne réelle identifiable sans accord (risque juridique).
  • Rires enregistrés ou SFX cartoon.
  • Absence de mention fiction : satire prise au premier degré et partagée comme vraie.

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