Fiction : cinéma & sériesF01-10
Docu-fiction
Film qui raconte des faits réels (historiques, scientifiques ou de société) en combinant des séquences de reconstitution jouées par des comédiens, des archives, des interviews d'experts et une voix off.
Comprendre
- Objectif
- Rendre un sujet réel vivant et accessible pour une chaîne, une institution, un musée, une ONG ou un projet éducatif (histoire du Sénégal, santé, migration, patrimoine).
- Plateformes
- TV (cases documentaires), YouTube, plateformes éducatives, musées et expositions, projections scolaires, festivals
- Ratio
- 16:9 (1920×1080 ou 3840×2160) ; extraits 9:16 et 1:1
- Durée
- Idéal 26 ou 52 min (fourchette 10 – 90 min)
- Difficulté
- Équipe
- Min : réal + chef op + ingé son + chercheur/documentaliste + 2-4 comédiens (6-8 pers.) · Idéal : réal + chef op + cadreur + ingé son + déco/costumes d'époque + maquillage + historien-conseil + monteur + motion designer
- Délai
- 3 à 8 mois : recherche et écriture 1-3 mois, préparation 3-6 semaines, tournage 8-15 jours (reconstitutions + interviews), post-production 6-10 semaines (archives, voix off, graphisme)
Raconter
L'accroche et l'intro
- Ouvrir sur une reconstitution forte de l'événement central (bataille, départ en pirogue, découverte) en 30-60 s.
- Voix off qui pose la question du film : « En 1944, à Thiaroye, que s'est-il vraiment passé ? »
- Carton factuel en 5 s pour ancrer le réel (date, lieu, chiffre clé).
- Première intervention d'expert ou de témoin avant 3 min pour crédibiliser.
La structure
- 0-3 min : accroche (reconstitution + question du film).
- 3-10 min : contexte (archives, cartes animées, voix off, expert).
- 10-40 min : récit chronologique alternant reconstitutions (40-50 %), interviews (25-30 %), archives et graphiques (20-30 %).
- 40-48 min : moment clé reconstitué + analyse des conséquences.
- 48-52 min : conclusion, héritage aujourd'hui, carton final factuel + générique.
Le ton et le style
- Ton sérieux et documenté, rigueur historique (vérification par un historien-conseil).
- Reconstitutions stylisées pour les distinguer du réel : ralentis, silhouettes, peu de dialogues, grain, lumière marquée.
- Voix off posée, pédagogique, sans emphase excessive.
- Références : docu-fictions de chaînes culturelles (Arte, France 5), séries historiques africaines.
L'habillage et les textes
- Lower-thirds pour les experts : nom en gras + fonction/institution, 4-5 s, bas gauche.
- Cartons dates et lieux sur les reconstitutions (« Dakar, 1er décembre 1944 »), typographie d'époque ou machine à écrire.
- Cartes animées, frises chronologiques et chiffres clés en motion design.
- Mention « Reconstitution » discrète en coin sur les scènes jouées si risque de confusion.
- Sources des archives créditées à l'écran ou au générique.
La fin et l'appel à l'action
- Voix off de conclusion sur l'héritage actuel, plan contemporain du lieu réel (5-10 s).
- Cartons factuels finaux (ce que sont devenus les personnages, chiffres) 5-6 s chacun.
- Générique avec crédits des archives, experts, comédiens.
- Version éducative ou ONG : lien vers les ressources, question de débat pour les classes.
Tourner
Le matériel
- Entrée de gamme : Sony FX30 ou Canon R6 II, zooms 24-70 mm f/2.8 + fixe 50 mm f/1.8, DJI RS 3, micro canon Rode NTG4+ + cravate Rode Wireless Pro, 2-3 LED Aputure 200d, machine à fumée légère.
- Pro : Sony FX6 ou Blackmagic 6K, série de fixes cinéma (Sigma Cine), slider et dolly, Zoom F6 + perche Sennheiser MKH 416, 3 HF, Aputure 600d, drone DJI Mavic 3 pour les vues de sites.
- Scanner et banc-titre (ou smartphone sur support) pour numériser photos et documents d'archives.
- Costumes, accessoires et véhicules d'époque loués ou fabriqués.
Plans et cadrage
- Interviews : plan moyen décentré (règle des tiers), regard hors champ vers l'intervieweur, fond qui évoque le sujet (bibliothèque, lieu historique).
- Reconstitutions : plans serrés et détails (mains, pieds, objets) pour limiter les besoins en décors et figurants.
- Silhouettes et contre-jours pour les personnages historiques sans montrer tous les visages.
- Vues aériennes et plans contemporains des lieux réels (drone, 5-10 s).
- Mouvements lents sur les archives (effet Ken Burns, 110-120 % sur 6-8 s).
La lumière
- Reconstitutions : lumière marquée et motivée (feu, lampes à pétrole 2000-2700K, fenêtre), contrastes forts, fumée pour les rayons.
- Interviews : 3 points classiques (clé douce 45°, contre-jour, remplissage faible) à 5600K.
- Nuits d'époque : sources chaudes uniquement, aucune lumière moderne visible.
- Extérieurs de reconstitution aux heures dorées pour un rendu pictural.
La prise de son
- Interviews : cravate + canon en sécurité, crêtes -12 à -6 dB, pièce calme traitée.
- Reconstitutions : perche pour les rares dialogues ; enregistrer des sons seuls d'époque (chevaux, pas, feu).
- Room tone 30 s pour chaque interview.
- Voix off enregistrée en studio (ou cabine improvisée) avec un micro large membrane type Rode NT1 à 15-20 cm.
La mise en scène
- Recherche documentaire solide : sources écrites, archives nationales, historiens ; valider le scénario par un conseiller.
- Conducteur alternant séquences jouées, interviews et archives ; storyboard des reconstitutions.
- Casting de comédiens et figurants avec costumes d'époque vérifiés.
- Autorisations : lieux historiques, Archives nationales, INA ou autres fonds d'archives (droits d'utilisation payants).
- Préparer les questions des interviews à l'avance et les envoyer aux experts.
Astuces de tournage
- Reconstitutions en 50 ips (1/100 s) pour des ralentis au montage ; interviews en 25 ips 1/50 s.
- Profil log pour donner un look d'époque à l'étalonnage.
- Masquer les anachronismes (câbles, antennes, véhicules, bâtiments modernes) : cadrages serrés, focales longues 85-135 mm.
- Utiliser fumée et poussière pour la profondeur et l'ambiance d'époque.
- Numériser les archives en haute définition (600 dpi pour photos) dès le début.
Monter
Les pistes de la timeline
- 10 à 12 pistes au total.
- V1 : interviews (A-roll) ; V2 : reconstitutions ; V3 : archives et photos (Ken Burns) ; V4 : motion design (cartes, frises) ; V5 : lower-thirds, cartons dates, sous-titres.
- A1 : voix off ; A2 : interviews ; A3 : dialogues des reconstitutions.
- A4-A5 : ambiances d'époque ; A6 : SFX ; A7 : musique.
- Placer d'abord la voix off et les interviews (colonne vertébrale), puis habiller.
Le rythme et les coupes
- Plans de 3-6 s ; interviews découpées en extraits de 10-30 s.
- Alterner les types d'images toutes les 30-60 s pour garder l'attention.
- L-cuts : la voix de l'expert commence sur la reconstitution et se poursuit sur son visage.
- Laisser des respirations de 3-5 s sans voix sur les reconstitutions fortes.
Transitions et effets
- Fondus enchaînés pour passer du présent au passé ; coupe franche dans une même époque.
- Look d'époque sur les reconstitutions (sépia, noir et blanc, grain de film, vignettage).
- Effet Ken Burns et parallaxe 2,5D sur les photos d'archives (After Effects).
- Éviter les transitions décoratives et les effets modernes « YouTube ».
Le sound design
- Ambiances d'époque recréées (chevaux, trains à vapeur, marchés sans moteurs) à -25 à -30 dB.
- Sons ajoutés sur les photos d'archives pour leur donner vie (foule, vent).
- Basses et silences pour les moments tragiques.
- Discrétion : le son doit servir le récit, pas le spectaculaire.
La musique
- Musique originale ou libre de droits orchestrale/traditionnelle (kora, cordes, percussions) 60-90 BPM.
- Instruments cohérents avec l'époque et la région.
- Sous voix off et interviews : -22 à -26 dB.
- Droits vérifiés pour TV et éducation ; cue sheet complète.
Les sous-titres
- Sous-titres français pour les témoignages en wolof, pulaar ou sérère ; anglais pour la diffusion internationale.
- Style classique : blanc, 2 lignes, 42 caractères par ligne, 44-50 px en 1080p.
- Version accessible pour l'éducation (sous-titres sourds et malentendants).
- Traduire aussi les documents d'archives à l'écran (lettres, journaux) en sous-titres.
L'étalonnage
- Deux looks distincts : présent naturel (Rec.709 propre) et passé stylisé (désaturé, sépia, contraste doux).
- Intégrer les archives : harmoniser le grain et la teinte avec les reconstitutions.
- Tons chair naturels dans les interviews.
- LUT d'émulation film (Kodak) dosée à 40-60 % sur les reconstitutions.
Exporter et publier
Mixage et export
- TV : -23 LUFS, true peak -1 dBTP ; YouTube/éducation : -14 LUFS (-16 LUFS acceptable pour la projection en classe).
- Master ProRes 422 HQ 1080p/4K 25 ips ; version textless et stems pour les versions linguistiques.
- Web : H.264 1080p 8-10 Mbps.
- Déclinaisons : capsules de 3-5 min par chapitre pour les écoles, extraits 9:16 de 45-60 s pour les réseaux.
Titre et miniature
- Titre factuel et intrigant : événement + question (« Thiaroye 1944 : le massacre oublié »).
- Miniature : image de reconstitution forte + date en gros.
- Description : résumé, liste des experts, sources, chapitres minutés.
- Mots-clés : histoire, Sénégal, nom de l'événement, docu-fiction.
La publication
- Caler la sortie sur une date anniversaire ou une journée thématique.
- Projections-débats (écoles, universités, centres culturels) + diffusion TV + YouTube.
- Capsules courtes « Le saviez-vous ? » de 30-60 s pour les réseaux.
- Partenariats avec institutions (musées, ministères, universités) pour la diffusion.
Les erreurs à éviter
- Erreurs historiques et anachronismes visibles (montres, bâtiments, vêtements).
- Reconstitutions trop amateurs qui décrédibilisent le propos.
- Confusion entre scènes jouées et archives réelles.
- Archives utilisées sans droits.
- Voix off trop présente qui explique tout ce que l'image montre.
Dans KoraCut
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