Versions7 août 2026 · 6 min de lecture
1.3 : le mixage aux normes de diffusion
-14 LUFS pour YouTube, -23 pour la télé. Le Mixeur connaît les règles, tu n'as plus à les retenir.
L'équipe KoraCutTutoriels et notes de version
Tu as déjà vécu la scène. Le film est monté, le client l'ouvre sur son téléphone, et il te rappelle : on n'entend pas la voix. Ou l'inverse, la musique d'ouverture lui arrache les oreilles. Ton mix sonnait pourtant bien au casque.
La 1.3 ajoute un agent dont c'est le métier : le Mixeur. Il nettoie les voix, règle les niveaux, et livre un son conforme à la norme de l'endroit où ton film sera diffusé.
Pourquoi des normes
Pendant longtemps, on a mesuré le son par ses crêtes : le point le plus fort ne devait pas dépasser zéro. Le problème, c'est que l'oreille ne juge pas les crêtes. Elle juge un niveau moyen, sur la durée. Deux films aux crêtes identiques peuvent sembler l'un timide, l'autre assourdissant.
Le LUFS mesure ce niveau perçu, sur tout le programme. Les diffuseurs s'en servent pour que tout sonne à la même hauteur. YouTube vise autour de -14 LUFS : si ton film est plus fort, la plateforme le baisse, et tout ce que tu as écrasé au compresseur pour gagner du volume ne t'a rien rapporté. La télévision européenne suit la recommandation EBU R128, soit -23 LUFS, avec des crêtes réelles limitées à -1 dBTP. Un fichier hors norme est refusé à la livraison, et tu refais ton export la veille de la diffusion.
Ces chiffres, tu n'as plus à les retenir. Tu dis où va le film, le Mixeur sait quoi viser.
Ce que fait le Mixeur
Prenons une interview tournée dans une cour à la Médina, avec la rue derrière le mur. Tu écris : « Mixe pour YouTube. » Le Mixeur commence par mesurer, puis il te propose un plan en cinq étapes.
- Mesurer chaque piste : niveau intégré, crêtes réelles, bruit de fond.
- Nettoyer la voix : un filtre coupe-bas contre le grondement de la rue, une réduction de bruit légère, les sifflantes adoucies.
- Poser les niveaux : la voix devant, les ambiances derrière, la musique à sa place.
- Régler le ducking, pour que la musique s'efface quand quelqu'un parle.
- Finir par un limiteur sur le master, mesurer à nouveau, et te rendre un compte rendu avant / après.
Tu valides le plan en bloc ou étape par étape. Tout ce qu'il pose est visible dans le module Audio : les effets sur chaque voie, les courbes de volume sur la timeline, le limiteur sur le master. Tu peux reprendre n'importe quel réglage. Tes fichiers son d'origine ne sont pas modifiés.
Le compte rendu tient en quelques lignes. Sur notre interview : -19,2 LUFS avant, -14,1 après, crête réelle à -1,3 dBTP, voix six décibels au-dessus de la musique. Si un chiffre sort de la cible, il est affiché en orange.
Sur la voix, il a la main légère. Une réduction de bruit poussée trop loin donne ce timbre métallique qu'on entend dans les visioconférences. Le Mixeur préfère laisser un peu de rue derrière la personne plutôt que de lui abîmer la voix. Dans une cour de la Médina, la rue fait partie du décor sonore. Si tu veux un son plus propre, tu peux le lui demander, et il te préviendra du prix à payer sur le timbre.
Le ducking, réglé sur la respiration
Le ducking, tout le monde connaît : la musique baisse quand la voix arrive, elle remonte quand la voix s'arrête. Fait à la main, c'est une courbe de volume à dessiner sous chaque phrase. Fait par un compresseur automatique, ça pompe : la musique plonge en retard, sur le premier mot, et l'oreille entend la manœuvre.
Le Mixeur s'appuie sur ce que KoraCut sait déjà de tes rushs. La transcription lui donne le début et la fin de chaque phrase. La forme d'onde lui donne la respiration qui précède. Il commence la descente là, une demi-seconde avant le premier mot, et la musique est déjà en retrait quand la voix entre.
La profondeur se règle. Par défaut, il baisse la musique de 8 dB sous une voix, et de 4 dB seulement quand la pause entre deux phrases dure moins d'une seconde, pour éviter l'effet d'ascenseur.
Un mix conforme n'est pas forcément un bon mix. Le Mixeur tient la norme, l'écoute reste chez toi.
Les cibles livrées avec la 1.3
- YouTube et réseaux : -14 LUFS intégré, crêtes réelles à -1 dBTP ;
- télévision, EBU R128 : -23 LUFS intégré, tolérance d'un demi LU, crêtes réelles à -1 dBTP ;
- podcast : -16 LUFS intégré, en mono comme en stéréo ;
- cible libre : tu donnes tes propres valeurs, pour un diffuseur qui a son cahier des charges.
Un même projet peut sortir pour deux cibles. Le Mixeur ne refait pas le mix : il garde l'équilibre entre les pistes et ne change que la fin de chaîne, le gain du master et le limiteur. Ton documentaire de 26 minutes part à la chaîne à -23, et son extrait pour les réseaux sort à -14, depuis la même timeline.
Il a aussi ses limites, et il les annonce. Une voix saturée à la prise de son reste saturée, il te prévient avant de commencer au lieu de promettre un sauvetage. Un vent fort dans un micro sans bonnette se réduit, il ne disparaît pas. Et une mesure ne remplace pas une écoute : passe ton film une fois au casque, une fois sur le haut-parleur d'un téléphone.
Dernier point, la confidentialité. Le Mixeur raisonne sur des mesures et sur la transcription, pas sur tes fichiers son. Ce qui part vers le modèle de langage, ce sont des chiffres et des timecodes. Jamais tes fichiers son.
Essayer chez toi
# Palette de commandes · ⌘K› mixeur : mixer pour YouTube› mixeur : vérifier la norme# Ou, en ligne de commande$ koracut agents mixeur --cible youtube projets/interview-medina/$ koracut agents mixeur --mesurer --cible ebu-r128 exports/documentaire-26min.wavLa seconde commande ne touche à rien. Elle mesure un fichier déjà exporté et te dit s'il passe la norme. C'est utile avant une livraison, même pour un film mixé ailleurs.
La 1.3 est disponible pour macOS, Windows et Linux. L'application reste gratuite, le Mixeur fait partie de l'abonnement Agents. Elle apporte aussi un vumètre en LUFS dans le module Audio, visible en permanence sur le master, que tu te serves du Mixeur ou non. Les cibles sont un simple fichier du dépôt : si ton diffuseur a une norme qu'on n'a pas prévue, propose-la, elle servira aux autres.