KoraCut

Tutoriels28 août 2026 · 8 min de lecture

Un teaser de 40 secondes en dix minutes

Du dérushage à l'export vertical, un projet complet pas à pas, avec les trois agents qui interviennent.

L'équipe KoraCutTutoriels et notes de version

00:40

Un client ouvre une table d'hôtes sur l'île de Ngor. Il veut un teaser de quarante secondes pour ses réseaux, en vertical, avant vendredi. Tu as tourné une matinée : la traversée en pirogue, la plage, la cuisine, une interview de la patronne, deux passages de drone. Vingt-deux minutes de rushs en tout.

Ce tutoriel suit le projet du début à la fin, chronomètre en main. Trois agents interviennent : le Monteur, le Compositeur et le Mixeur. À chaque étape, on te montre ce qu'on a demandé, ce que l'agent a proposé, et ce qu'on a refusé.

Avant de lancer le chrono

Crée un projet, glisse le dossier de rushs dans le chutier. Voici ce qu'il y avait dans le nôtre :

  • pirogue : 6 plans, 4 min 10 ;
  • plage et terrasse : 11 plans, 5 min 30 ;
  • cuisine : 9 plans, 4 min 20 ;
  • interview : une prise continue de 6 min 40, au micro-cravate ;
  • drone : 2 plans, 1 min 20.

À l'import, KoraCut indexe. Il transcrit l'interview, repère les changements de plan, mesure la netteté et la stabilité de chaque image. Tout se fait sur ta machine. Sur notre portable de test (quatre cœurs, 8 Go de mémoire, pas de carte graphique), l'indexation a pris onze minutes.

On ne les compte pas dans les dix. Pendant ce temps tu n'es pas devant l'écran, tu ranges tes cartes mémoire. Les dix minutes du titre, c'est ton temps de travail à toi, une fois les rushs indexés.

Un dernier préparatif, sans logiciel. Écris pour toi la phrase du film, celle que le teaser doit laisser dans la tête de quelqu'un qui ne connaît pas l'endroit. La nôtre : on traverse, on mange ce que la mer a donné le matin, on n'a plus envie de repartir. Toutes les demandes aux agents découlent de cette phrase. Sans elle, ils trieront très bien des plans qui ne racontent rien.

Minutes 0 à 3 : le dérushage

Ouvre le panneau Agents et écris au Monteur, en une phrase : « Dérushe pour un teaser de 40 secondes en vertical. Garde les plans stables, et sors-moi les phrases de l'interview qui parlent du lieu et de la cuisine. »

Il revient avec un chutier trié. Sur 28 plans d'image, il en garde 14, déjà rognés sur leur partie utile. Dans l'interview, il a marqué cinq phrases avec leur timecode. Et il justifie chaque plan écarté : le plan 7 a l'horizon penché, le plan 12 commence flou, le second passage de drone a une saccade à 00:00:31.

Il te reste un peu moins de trois minutes d'images à regarder. Fais-le en vitesse double, et lis la liste des refus. Elle va vite à parcourir, et c'est là que tu rattrapes ce qu'un agent ne peut pas sentir.

Pour l'interview, passe par la transcription plutôt que par l'image. Elle s'ouvre à côté du moniteur, et un clic sur une phrase place la tête de lecture dessus. On a cherché le mot « pêche » : deux occurrences. La seconde était la bonne, dite d'une traite, avec un sourire à la fin. Le Monteur l'avait classée première, lui aussi.

On a repêché le plan 12. Il est flou au début, c'est vrai. Mais la mise au point arrive sur les mains qui dressent l'assiette, et ce moment vaut mieux qu'un plan net et sage. Le Monteur l'avait écarté pour sa netteté, il avait raison selon ses critères. Ce genre de décision reste la tienne.

Tu n'as pas regardé vingt-deux minutes de rushs. Tu as regardé les trois qui comptaient.

Minutes 3 à 6 : l'ours

Deuxième demande au Monteur : « Monte un ours de 40 secondes. Ouvre sur la pirogue, finis sur le drone. Garde en entier la phrase sur la pêche du matin. » Comme la demande est longue, il passe en mode brouillon : il décrit son plan avant de toucher à la timeline.

  • 0 à 6 s : la pirogue, trois plans courts, son direct ;
  • 6 à 18 s : la plage et la terrasse, avec la voix de l'interview en off ;
  • 18 à 32 s : la cuisine, des plans de coupe sur les mains, la phrase sur la pêche à l'image puis en off ;
  • 32 à 40 s : le drone, le titre et la date d'ouverture.

Tu réponds « vas-y » et la timeline se construit sous tes yeux. Quatorze coupes. Lis l'ours une fois en entier sans rien toucher, puis donne tes retours. On en a fait deux.

Premier retour : le raccord entre la pirogue et la plage saute, parce que les deux plans ont des mouvements de caméra en sens contraire. On a demandé un plan fixe entre les deux, il a proposé la terrasse vide. Second retour : la voix de l'interview arrive pile sur la coupe, c'est raide. On lui a demandé de l'avancer de douze images, pour qu'elle commence sous le plan précédent. Les monteurs appellent ça un J-cut, et le Monteur aussi.

Regarde aussi le rythme d'ensemble. Quinze plans en quarante secondes, ça fait un peu moins de trois secondes par plan : soutenu, sans être haché. Si tu veux autre chose, donne une durée plutôt qu'un adjectif. « Aucun plan sous deux secondes » produit un résultat précis. « Plus posé » en produit un au hasard. C'est vrai avec un agent comme avec un assistant monteur.

Chaque passage de l'agent compte pour une seule entrée dans l'historique. Si un tour ne te plaît pas, ⌘Z le retire en entier, et tu reformules.

Minutes 6 à 8 : la musique et le mix

Le montage image est verrouillé, c'est le moment d'appeler le Compositeur. Pas avant : chaque coupe déplacée après coup casse la synchro. Le brief : « Une musique de 40 secondes, kora et percussions légères, 92 BPM. Elle monte à partir de la cuisine et s'arrête net sur le titre. »

À 92 BPM, une mesure dure 2,6 secondes. La huitième commence à 18,3 secondes, et ta coupe vers la cuisine est à 18 tout rond. Le Compositeur ne tord pas le tempo pour rattraper l'écart. Il propose de retarder la coupe de sept images, et il attend. On a accepté, le plan de terrasse y gagne un souffle.

La musique arrive sous forme de notes dans le module Audio, pas comme un fichier fermé. Si la ligne de kora te paraît trop bavarde sous la voix, ouvre le piano roll et enlève des notes toi-même. C'est plus rapide que de l'expliquer.

Dernier agent, le Mixeur : « Mixe pour les réseaux. » Il nettoie le vent qui souffle dans le micro-cravate pendant la première phrase, pose un ducking de 8 dB sous l'interview, et vise -14 LUFS en intégré avec des crêtes sous -1 dBTP. Son compte rendu donne la mesure avant et après. Écoute quand même une fois sur le haut-parleur de ton téléphone : c'est là que le teaser sera vu.

Minutes 8 à 10 : le vertical et l'export

On a tourné en 16:9, le client veut du 9:16. Demande au Monteur de décliner la séquence en vertical. Il recadre plan par plan, en suivant le sujet, et te présente les cadres qu'il a choisis. Sur trois plans, son cadre coupait un visage ou faisait disparaître l'horizon. On les a repris à la main dans l'inspecteur, en glissant la valeur X.

Vérifie aussi le titre. En vertical, le bas et le haut de l'image sont mangés par les boutons des applications. Le gabarit 9:16 affiche ces zones en surimpression, garde le texte au milieu.

Côté couleur, on a fait simple. À l'heure où on écrit, aucun agent ne s'occupe de l'étalonnage. On a corrigé la balance des blancs des plans de cuisine, trop jaunes sous les néons, et on s'est arrêtés là.

Il reste à exporter, depuis la palette ou en ligne de commande :

# Palette de commandes · ⌘K exporter : Reels / TikTok 9:16# Ou les deux formats d'un coup, en ligne de commande$ koracut export --preset reels-9x16 --preset youtube-1080p projets/teaser-ngor/

KoraCut écrit deux fichiers dans ton dossier d'export, et rien d'autre. Aucun agent ne publie ni n'envoie quoi que ce soit : le message au client, c'est toi qui l'écris.

Avant d'envoyer, ouvre le fichier vertical sur ton téléphone et regarde-le une fois en entier, son coupé puis son ouvert. Beaucoup de gens verront le teaser sans le son : la phrase sur la pêche, qu'on avait posée en texte à l'image, doit suffire à comprendre. Elle passait trop vite. On a rallongé sa durée d'une demi-seconde et relancé l'export.

Chrono arrêté à neuf minutes quarante, second export compris. Ce chiffre ne dit pas tout. Il ne compte ni l'indexation, ni les allers-retours avec le client, qui demandera sûrement de changer la date. Et il suppose que tu savais déjà ce que tu voulais raconter. Les agents t'enlèvent le tri et la mécanique. L'idée du film, ils ne l'auront pas à ta place.

L'équipe KoraCut

L'équipe qui développe KoraCut, à Dakar. Elle écrit les tutoriels et les notes de version, et refait chaque pas à pas sur un vrai projet avant de le publier.

En développement

KoraCut est en développement

L'application arrive. Amadou Ba y travaille tous les jours et le site suit. Laisse ton adresse pour être prévenu à la sortie.