KoraCut

Fiction : cinéma & sériesF01-02

Court métrage

Film de fiction de moins de 30 minutes, souvent de 5 à 20 minutes, qui raconte une histoire resserrée autour d'une seule idée ou d'un seul personnage.

Comprendre

Objectif
Faire ses preuves (vitrine de réalisation), gagner des festivals, décrocher des financements pour un long métrage ou porter un message pour une ONG ou une marque.
Plateformes
Festivals (FESPACO, Clermont-Ferrand, Dakar Court), YouTube, Vimeo, TV (cases courts métrages), projections publiques
Ratio
16:9 (1920×1080 ou 3840×2160) ou 2.39:1 dans un conteneur 16:9 ; 1.85:1 pour les festivals en DCP
Durée
Idéal 8-15 min (fourchette 3 – 30 min)
Difficulté
Équipe
Min : réal + chef op + ingé son + 1 assistant (4-5 pers.) · Idéal : 12-20 pers. (image, lumière, son, déco, costumes, maquillage, scripte, régie)
Délai
2 à 6 mois : écriture 1-2 mois, préparation 3-6 semaines, tournage 2-6 jours, post-production 4-8 semaines

Raconter

L'accroche et l'intro

  • Entrer dans l'histoire dès le premier plan : pas de longue exposition, le court n'a pas le temps.
  • Poser le personnage et son problème dans les 60 premières secondes.
  • Titre après une première scène (30 s-2 min) ou directement en ouverture, 3-5 s.
  • Exemple : un jeune tailleur de la Médina reçoit un appel qui va tout changer, l'appel arrive au plan 3.

La structure

  • Pour un court de 12 min : 0-1 min : personnage et monde ; 1-2 min : élément déclencheur.
  • 2-8 min : montée des obstacles, 2-3 scènes clés maximum.
  • 8-10 min : climax ou retournement (la chute, souvent inattendue).
  • 10-12 min : résolution rapide, dernière image forte, générique 45-90 s.
  • Limiter à 1 personnage principal, 2-3 décors et 1 idée forte.

Le ton et le style

  • Un seul registre bien tenu (drame, comédie, fantastique, conte) ; la forme peut être plus audacieuse qu'un long.
  • Choisir un dispositif visuel fort et simple : plan-séquence, caméra fixe, noir et blanc, format 4:3.
  • Rythme serré : chaque scène doit faire avancer l'histoire.
  • Références : courts sénégalais primés, Djibril Diop Mambéty (Le Franc) pour l'audace formelle.

L'habillage et les textes

  • Carton titre 3-5 s, typographie cohérente avec le ton (manuscrite pour un conte, sans serif pour un drame urbain).
  • Logos des partenaires et de la production en ouverture (2-3 s chacun) ou uniquement à la fin pour aller plus vite.
  • Générique de fin défilant 45-90 s, avec remerciements aux lieux et aux figurants.
  • Pas de lower-thirds ; éventuel carton de contexte (lieu, date) 3 s.

La fin et l'appel à l'action

  • Chute ou dernière image tenue 3-5 s, puis noir 1-2 s.
  • Générique 45-90 s avec la musique du film.
  • Sur YouTube : écran de fin 10-20 s (s'abonner, voir le making-of, autres films) après le générique.
  • Pour un court d'ONG ou de marque : carton message ou lien 5 s à la fin, jamais pendant l'histoire.

Tourner

Le matériel

  • Entrée de gamme : Sony FX30 ou Canon R6 II, Sigma 18-35 mm f/1.8 ou fixes 24/35/50 mm, DJI RS 3, micro Rode NTG4+ sur perche + Zoom H6, 2 LED Aputure Amaran 200d, réflecteur 5-en-1.
  • Pro : Blackmagic Pocket 6K Pro / Ursa Mini 12K ou Sony FX6, fixes cinéma (Samyang Xeen, Sigma Cine 18-85 mm), Easyrig, slider, micro Sennheiser MKH 416 + Zoom F6, 2 HF Sennheiser EW-D, Aputure 300d/600d.
  • Option budget serré : iPhone 15 Pro en Apple Log + objectifs Moment + DJI Mic 2 + gimbal DJI Osmo Mobile.
  • Batteries en quantité (8-10 NP-F ou V-mount) et powerbank pour tourner sans réseau électrique.

Plans et cadrage

  • Écrire un découpage plan par plan et un storyboard des scènes clés (20-60 plans pour 10 min).
  • Master large puis champ/contrechamp et gros plans ; inserts d'objets symboliques (lettre, téléphone, billet).
  • Utiliser la règle des tiers et l'espace de regard ; placer l'horizon sur un tiers.
  • Privilégier des plans fixes composés et quelques mouvements signatures (travelling, plan-séquence).
  • Tourner des plans de transition (ciel, rue, détails) pour la respiration du montage.

La lumière

  • Lumière naturelle maîtrisée : placer les comédiens dos au soleil et déboucher au réflecteur.
  • Intérieur : clé douce 45° (LED + softbox), contre-jour léger, fenêtre en source motivée à 5600K.
  • Nuit : lampes pratiques dans le cadre (lampes, néons, braseros) + LED 3200K, sous-exposer légèrement pour garder l'ambiance.
  • Éviter 12 h-15 h en extérieur (ombres dures sous les yeux) ; sinon diffuseur 2×2 m au-dessus des visages.

La prise de son

  • Perche avec micro canon à 40-60 cm au-dessus des comédiens, orientée vers la bouche.
  • Cravate HF en sécurité sur les scènes larges ou en mouvement.
  • Niveaux de crête -12 à -6 dB, enregistrer en 24 bits/48 kHz, casque fermé en permanence.
  • Enregistrer 30 s de room tone et les ambiances seules (rue, mer, maison) dans chaque décor.
  • Choisir les décors aussi pour leur calme (loin des axes routiers et des mosquées aux heures de prière).

La mise en scène

  • Scénario de 8-15 pages, découpage technique, plan de travail sur 2-6 jours.
  • Casting : mêler comédiens et non-professionnels ; faire au moins une lecture et une répétition.
  • Repérages avec photos et relevés de lumière ; autorisation écrite des propriétaires de lieux.
  • Diriger par des actions concrètes (« tu cherches tes clés ») plutôt que par des émotions abstraites.
  • Viser 5-8 min utiles par jour de tournage ; tourner les scènes les plus importantes en début de journée.

Astuces de tournage

  • 25 ips obturateur 1/50 s (ou 24 ips 1/48), ISO natif, profil log (S-Log3, C-Log, Apple Log).
  • ND variable pour ouvrir à f/2-f/2.8 en extérieur et garder un flou d'arrière-plan cinéma.
  • Balance des blancs manuelle (5600K jour, 3200K tungstène) et identique sur toute la séquence.
  • Faire 3-5 prises par plan et marquer les bonnes au clap.
  • Faire une photo de chaque plan (costume, accessoires) pour les raccords.

Monter

Les pistes de la timeline

  • 8 à 12 pistes au total.
  • V1 : plans montés ; V2 : plans de coupe et alternatives ; V3 : titre, cartons, générique.
  • A1-A2 : dialogues (perche / HF) ; A3 : room tone et raccords d'ambiance.
  • A4-A5 : ambiances stéréo ; A6 : bruitages et SFX ; A7-A8 : musique.
  • Synchroniser son et image par forme d'onde ou timecode avant de monter (PluralEyes, fonction « synchroniser » de Resolve/Premiere).

Le rythme et les coupes

  • Durée moyenne des plans 3-6 s ; plus court dans les scènes d'action ou de tension.
  • J-cuts et L-cuts sur les dialogues, coupe sur le mouvement.
  • Resserrer au maximum : un court de 15 min gagne souvent à passer à 11-12 min.
  • Garder les silences qui portent l'émotion ; couper tout ce qui explique ce que l'image montre déjà.

Transitions et effets

  • Coupes franches ; fondus au noir entre les grandes parties ou pour une ellipse.
  • Éviter les transitions de logiciel (volets, glitch, zooms numériques).
  • Ralentis tournés en 50 ips pour un moment clé uniquement.
  • Nettoyage VFX simple (retrait d'un logo, d'un câble, d'une perche) dans Resolve Fusion ou After Effects.

Le sound design

  • Ambiances continues sous chaque scène (-30 à -40 dB) pour masquer les coupes de son.
  • Bruitages ajoutés pour les gestes clés (porte, pas, verre) à recréer si le son direct est faible.
  • Utiliser le silence comme effet avant la chute.
  • Effets discrets et réalistes ; aucun whoosh ou pop de réseaux sociaux.

La musique

  • Compositeur local (kora, xalam, guitare, synthés) ou musique libre de droits de qualité (Artlist, Musicbed, Epidemic Sound).
  • Peu de musique : 2-4 moments forts ; laisser les scènes jouer sans musique.
  • Tempo selon le registre : 70-90 BPM pour l'émotion, 110-130 BPM pour une comédie ou une course.
  • Sous dialogue : -20 à -25 dB ; vérifier les licences pour festivals et diffusion TV (certaines licences excluent la TV).

Les sous-titres

  • Sous-titres classiques, blancs avec léger contour ou ombre, 2 lignes max, 40-42 caractères par ligne.
  • Français obligatoire si le film est en wolof ; version anglaise pour les festivals internationaux.
  • Fichier SRT séparé pour les festivals et YouTube ; version incrustée pour les projections publiques.
  • Taille 42-48 px en 1080p, marge basse de 8-10 % de l'image.

L'étalonnage

  • Correction primaire dans DaVinci Resolve : transformation log → Rec.709 (CST), exposition, balance, raccords.
  • Look créatif cohérent avec le ton : chaud et doré pour un conte, désaturé et froid pour un drame urbain.
  • Tons chair : vérifier sur le vectorscope la ligne des tons chair, garder de la densité dans les peaux foncées.
  • Éviter les LUT génériques poussées à 100 % ; doser à 30-60 %.

Exporter et publier

Mixage et export

  • Mixage stéréo : dialogues à -23 LUFS (festivals/TV EBU R128) ou -14 LUFS pour YouTube, true peak -1 dBTP.
  • Master ProRes 422 HQ 1080p ou 4K, 24/25 ips ; DCP 2K pour les festivals qui l'exigent.
  • Version Web : H.264, 1080p, 10-12 Mbps, AAC 320 kbps ; screener avec filigrane pour les sélections.
  • Déclinaisons : bande-annonce 60-90 s en 16:9, teaser 15-30 s en 9:16 pour Reels/TikTok.

Titre et miniature

  • Titre d'1-3 mots, intrigant, traduisible (titre français + titre international).
  • Miniature YouTube : visage du personnage en plein émotion + 2-3 mots maximum, contraste fort.
  • Affiche festival format A3 / 2:3 avec lauriers dès la première sélection.
  • Description : logline d'une phrase + synopsis de 3 lignes + crédits principaux + tags (court métrage, Sénégal, fiction).

La publication

  • Garder le film privé pendant la tournée des festivals (souvent 12-18 mois), ne diffuser que la bande-annonce.
  • Mise en ligne YouTube ensuite, mardi-jeudi 19 h-21 h (heure de Dakar), avec première programmée.
  • Recycler en 3-5 extraits verticaux de 20-45 s et un making-of de 60 s.
  • Partager le lien dans les groupes WhatsApp de l'équipe et des figurants : premier cercle de diffusion.

Les erreurs à éviter

  • Scénario trop ambitieux pour la durée (trop de personnages ou de décors).
  • Son direct inutilisable faute de perchman dédié.
  • Film trop long : les festivals programment plus facilement les courts de moins de 15 min.
  • Musique non libre de droits (refus en festival et blocage YouTube).
  • Pas de sous-titres anglais pour les festivals internationaux.

Dans KoraCut

Ce type est dans la fenêtre Nouveau projet.

Ouvre KoraCut, fais ⌘N et choisis « Court métrage ». L'application règle le format, les images par seconde, les pistes nommées et le niveau sonore de l'export. Tu n'as plus qu'à importer tes rushs.

Retour à la familleTout le guide

En développement

KoraCut est en développement

L'application arrive. Amadou Ba y travaille tous les jours et le site suit. Laisse ton adresse pour être prévenu à la sortie.