KoraCut

Fiction : cinéma & sériesF01-06

Mini-série

Série fermée de 3 à 8 épisodes qui raconte une seule histoire complète avec un début, un milieu et une fin, sans saison suivante prévue.

Comprendre

Objectif
Traiter un sujet fort (fait de société, adaptation littéraire, histoire vraie, campagne de sensibilisation d'ONG) avec plus de profondeur qu'un film, pour une chaîne, une plateforme ou un commanditaire.
Plateformes
Plateformes SVOD, chaînes TV, YouTube (playlist), campagnes d'ONG et d'institutions
Ratio
16:9 (1920×1080 ou 3840×2160) ; 2.39:1 dans un conteneur 16:9 pour un rendu cinéma ; teasers 9:16
Durée
Idéal 4-6 épisodes de 30-45 min (fourchette 3 – 8 épisodes de 20 – 60 min)
Difficulté
Équipe
Min : réal + chef op + cadreur + ingé son + perchman + scripte + régie + maquillage (8-10 pers.) · Idéal : 20-30 techniciens, un seul réalisateur pour toute la série
Délai
5 à 12 mois : écriture 2-4 mois, préparation 1-2 mois, tournage 3-6 semaines (en bloc, comme un long métrage), post-production 2-4 mois

Raconter

L'accroche et l'intro

  • Épisode 1 : scène d'ouverture forte (le crime, l'accident, la décision) dans les 2 premières minutes.
  • Épisodes suivants : reprise immédiate sur la tension laissée par l'épisode précédent (pas de longs résumés).
  • Générique court (20-40 s) identique sur tous les épisodes, placé après la scène d'ouverture.
  • Possibilité d'ouvrir l'épisode 1 par la fin (flash-forward) puis « 6 mois plus tôt ».

La structure

  • Écrire la mini-série comme un long film découpé : épisode 1 = exposition, épisodes du milieu = complications, dernier épisode = climax et résolution.
  • Chaque épisode (ex. 40 min) : ouverture 2-3 min / 3 actes de 10-12 min / cliffhanger 1-2 min / générique 1 min.
  • Point de bascule majeur au milieu de la série (fin de l'épisode 3 sur 6).
  • Toutes les intrigues doivent se refermer au dernier épisode.
  • Écrire tous les épisodes avant le tournage (arches de personnages complètes).

Le ton et le style

  • Qualité proche du cinéma : mise en scène soignée, parti pris visuel fort, jeu retenu.
  • Rythme plus posé qu'une série quotidienne, tension construite sur la durée.
  • Références : mini-séries de plateforme (drames sociaux, thrillers), adaptations de romans africains.
  • Un seul réalisateur et un seul chef op pour garder l'unité visuelle.

L'habillage et les textes

  • Générique d'ouverture soigné (graphisme ou montage d'images), 20-40 s.
  • Carton « Épisode 3 / 6 - Titre » 2-3 s pour situer le spectateur dans la série.
  • Cartons de date et de lieu si l'histoire se déroule sur plusieurs périodes.
  • Carton de fin pour une histoire vraie (« En 2019, … ») 5-8 s par carton, avec lien vers une ressource si c'est une campagne.

La fin et l'appel à l'action

  • Épisodes 1 à N-1 : cliffhanger + bande-annonce de l'épisode suivant 20-30 s.
  • Dernier épisode : fin fermée, dernière image tenue 5 s, noir, générique complet.
  • Campagne ONG : carton message + numéro vert ou lien 5-10 s après le dernier épisode.
  • YouTube : écran de fin 20 s pointant vers l'épisode suivant.

Tourner

Le matériel

  • Entrée de gamme : 2 × Sony FX30 ou Blackmagic Pocket 6K Pro, fixes Sigma Art 24/35/50/85 mm, DJI RS 4, perche Rode NTG5 + Zoom F6, 3 HF, 3-4 LED Aputure 300d.
  • Pro : Sony FX6/Venice ou ARRI Alexa Mini, série de fixes cinéma, dolly et slider, Easyrig, Sound Devices MixPre-10 II, 4-6 HF, Aputure 600d/1200d, cadres de diffusion.
  • Kit identique pour tous les épisodes (tournage en bloc).
  • Énergie : batteries V-mount x10 et groupe silencieux pour les décors hors réseau.

Plans et cadrage

  • Découpage technique de chaque séquence, storyboard des scènes clés.
  • Master large + plans rapprochés + gros plans ; inserts d'objets qui reviennent d'un épisode à l'autre (fil rouge visuel).
  • Plans signatures répétés (ouverture et fin d'épisode) pour donner une identité.
  • Mouvements lents et motivés (dolly, travelling), caméra portée pour les séquences de crise.
  • Règle des 180° et raccords stricts : la série se regarde souvent d'une traite (binge).

La lumière

  • Lumière cinéma : sources motivées, contraste marqué, clé latérale 60-90° pour le drame.
  • Codes lumière par période ou par lieu (ex. passé chaud 3200K, présent froid 5600K).
  • Extérieurs aux heures dorées ; cadres de diffusion 12×12 ou 8×8 à midi.
  • Exposer correctement les peaux foncées (zébras 60-70 % sur la peau, brillance douce).

La prise de son

  • Perche + HF sur tous les comédiens, pistes séparées, 24 bits/48 kHz, crêtes -12 à -6 dB.
  • Room tone et ambiances seules de chaque décor (30-60 s).
  • Wild tracks (répliques rejouées sans caméra) pour les scènes bruyantes.
  • Sons signatures enregistrés sur place (mer, vent, train, cloches) pour le sound design.

La mise en scène

  • Tournage en bloc par décor, toutes épisodes confondus ; plan de travail rigoureux.
  • Scripte indispensable pour la continuité sur 4-8 heures de récit.
  • Lectures complètes du scénario avec les comédiens avant le tournage.
  • Autorisations des lieux, décharges, conseils d'experts (police, médecin, juriste) pour la crédibilité.
  • Si histoire vraie : accord écrit des personnes concernées ou anonymisation.

Astuces de tournage

  • 24 ips (plateformes) ou 25 ips (TV), obturateur 180° (1/48 ou 1/50 s).
  • Log ou RAW, ISO natif, balance des blancs manuelle, NDs en extérieur.
  • Noter chaque prise avec numéro d'épisode dans le clap (ex. EP3 / SC12 / P4 / T2).
  • Tourner en 4K même pour un rendu 1080p (marge de recadrage et de stabilisation).
  • Double sauvegarde quotidienne + fichier de suivi des cartes.

Monter

Les pistes de la timeline

  • 10 à 16 pistes au total.
  • V1 : plans montés ; V2 : plans alternatifs et VFX ; V3 : cartons, titres, générique.
  • A1-A4 : dialogues par personnage ; A5 : room tone et wild tracks.
  • A6-A8 : ambiances ; A9-A10 : bruitages et SFX ; A11-A12 : musique.
  • Un projet par épisode + un projet commun (générique, musique, grade) pour la cohérence.

Le rythme et les coupes

  • Plans de 3-6 s ; scènes posées plus longues pour la tension.
  • Monter tous les épisodes avant de verrouiller : ajuster les fins d'épisode selon le rythme global.
  • J-cuts/L-cuts, montage parallèle entre intrigues pour le suspense.
  • Durées d'épisodes proches (± 5 min) pour une expérience homogène.

Transitions et effets

  • Coupes franches ; fondus au noir en fin d'épisode.
  • Transitions temporelles codifiées (carton date, fondu enchaîné) utilisées de façon constante.
  • Pas de transitions décoratives ; ralentis réservés aux moments clés.
  • VFX de nettoyage (logos, anachronismes) pour les récits d'époque.

Le sound design

  • Paysages sonores riches par décor (3-4 couches d'ambiance).
  • Motifs sonores récurrents associés à un personnage ou un lieu.
  • Silences et basses fréquences pour la tension avant les révélations.
  • Livrer des stems DME par épisode.

La musique

  • Musique originale avec un thème principal décliné (piano, kora, cordes) sur tous les épisodes.
  • Tempo 60-90 BPM pour le drame, montées jusqu'à 120-140 BPM pour les séquences de crise.
  • Musique sous dialogues à -20 à -25 dB.
  • Droits de synchronisation complets (TV, SVOD, Web, monde) ; cue sheet par épisode.

Les sous-titres

  • Sous-titres français (et anglais pour les plateformes) : blanc, 2 lignes, 42 caractères/ligne, 15-17 caractères/s.
  • Fichiers séparés (SRT, TTML) pour les plateformes ; version incrustée pour YouTube si public mobile.
  • Taille 44-52 px en 1080p, marge basse 8-10 %.
  • Relecture par un traducteur bilingue wolof/français.

L'étalonnage

  • Étalonnage de toute la série en une seule fois pour l'unité visuelle.
  • Correction primaire, raccords, puis look par période/lieu.
  • Tons chair riches et détaillés ; contraste cinéma sans écraser les noirs.
  • Livrer Rec.709 SDR (et HDR si la plateforme le demande).

Exporter et publier

Mixage et export

  • Plateforme : dialogues ~ -27 LKFS, true peak -2 dBTP ; TV : -23 LUFS ; YouTube : -14 LUFS.
  • Master ProRes 422 HQ 1080p/4K, 24 ou 25 ips ; versions textless et M&E.
  • Web : H.264 1080p 10 Mbps, AAC 320 kbps.
  • Promo : bande-annonce 90 s en 16:9, teasers de 15-30 s en 9:16 par épisode.

Titre et miniature

  • Titre fort de la série + numéro d'épisode (« Épisode 2/5 ») sur tous les supports.
  • Visuel clé (key art) unique décliné en vignette par épisode (même charte, image différente).
  • Miniature YouTube : visage + 2-3 mots, numéro d'épisode visible.
  • Description : logline de la série + résumé de l'épisode + playlist.

La publication

  • Sortie hebdomadaire (1 épisode par semaine) pour créer l'attente, ou tout d'un coup sur plateforme.
  • Campagne : teaser 4 semaines avant, bande-annonce 2 semaines avant.
  • Campagne ONG : projection-débat en présentiel + diffusion WhatsApp dans les communautés ciblées.
  • Extraits verticaux de 30-60 s chaque jour de la semaine de sortie.

Les erreurs à éviter

  • Tourner avant d'avoir écrit tous les épisodes.
  • Épisodes du milieu qui s'essoufflent (« ventre mou »).
  • Laisser des intrigues non résolues à la fin.
  • Changer de réalisateur ou de look entre épisodes.
  • Oublier les droits musicaux pour toutes les fenêtres de diffusion.

Dans KoraCut

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